Bulletin de situation hydrologique Mai 2003 
Débit des rivières

(DIREN de Bassin Seine Normandie)


Volumes d'eau écoulé dans les rivières au mois d'avril 2003


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Débits minimaux observés en avril 2003


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Le débit des rivières

Le débit des rivières, très soutenu durant tout l'hiver, marque une pause en février puis, le déficit pluviométrique se prolongeant, commence à fléchir en mars. Les débits de base (VCN3) présentent alors une légère tendance à la sécheresse un peu partout sur le bassin, y compris en Haute Normandie où la nappe de la craie jusque là soutenait très fortement les débits. L'hydraulicité des rivières décroît rapidement au cours du mois.

Avril voit les débits baisser très vite jusqu'aux pluies de la troisième décade. Les VCN3 de fréquence humide encore fréquents en mars, deviennent rares, essentiellement localisés sur les rivières soutenues par des nappes très hautes et très productives comme la nappe de Beauce, et plus localement sur la craie. Les hydraulicités (volume d'eau écoulé au cours du mois, comparé au volume généralement écoulé ce même mois) diminuent également très vite ; elles sont au moins 2 fois plus faibles que la normale, et par endroit elles représentent moins de 20 % des volumes habituellement écoulés en avril.

Région Basse-Normandie

Les débits ont fortement baissé depuis le début mars. Les débits de base sont le plus souvent compris entre le triennal et le quinquennal secs, les hydraulicités entre 0,5 et 0,4. La situation, loin d'être critique, est localement préoccupante comme dans la région de Granville où la ressource en eau de surface pourrait s'avérer insuffisante, cet été, compte tenu de l'importance des besoins et en l'absence de ressources de substitution.

Région Haute-Normandie

En raison du déficit pluviométrique observé ces trois derniers mois, le niveau des rivières est en baisse constante depuis février. Toutefois sur l'ensemble de la région, les débits de base restent bien soutenus par la nappe puisque se situant en avril autour de la moyenne (compris entre le triennal humide et le triennal sec). Les hydraulicités sont également normales allant de 1,2 à 0,8, à l'exception de la Charentonne à Bocquencé plus fortement influencée par la pluviométrie (0,4).

Région Picardie

Malgré le déficit pluviométrique de ces 3 derniers mois, les débits sont encore peu affectés, les débits de base sont notamment restés presque stables entre mars et avril.
Dans le département de l'Oise, les débits présentent encore des fréquences humides, situées généralement entre le triennal et le quinquennal humides. Les hydraulicités y sont également élevées, entre 1 et 1,2.
Dans le département de l'Aisne, comme depuis plusieurs mois, la tendance est moins humide que dans l'Oise. Les débits de base sont légèrement inférieurs à la normale et les hydraulicités nettement inférieurs à 1. La sécheresse se fait sentir dans le nord du département plus sensible à la pluviométrie : à Hirson sur l'Oise amont (débit de base de fréquence sèche vicennale) et à Moulin-Lointain sur l'Ancienne Sambre (hydraulicité de 0,2).

Région Champagne-Ardenne

Les débits observés dans la région au cours des mois de mars et avril sont faibles pour la saison et marquent une aggravation sensible dans le temps. Les cours d'eau du nord et de l'ouest de la région, soutenus par une pluviométrie un peu plus importante, ont des débits relativement plus forts que les cours d’eau du sud et de l'est. Les cours d'eau crayeux, bien que soutenus par la nappe de la craie, ont des débits de base en avril inférieurs aux normales (fréquences triennales et quadriennales sèches), les volumes écoulés au cours du mois sont inférieurs de 25% aux moyennes (hydraulicités de 0,75).
Sur les autres cours d'eau, les valeurs observées sont encore plus faibles, les débits de base étant compris dans le nord de la région entre les valeurs triennales et quinquennales, et dans le sud entre les valeurs quinquennales et décennales sèches. Les hydraulicités varient localement entre 0,6 et 0,15.

Région Bourgogne

Les rivières de cette région étaient déjà touchées par la faiblesse des pluies en février puisque les débits de base commençaient montrer des fréquences sèches qui n'ont fait que s'étendre et s'aggraver sur la région. Seules les rivières du département de l'Yonne sont relativement épargnées en raison des quelques pluies favorables, leur débit de base voisine les fréquences triennales quinquennales sèches. Cependant leur hydraulicité est basse (0,2 à 0,4). Les rivières de la Côte d'Or et de la Nièvre sont moins favorisées, notamment le bassin de la Seine amont qui présente des débits de base voisins du décennal sec.

Régions Ile-de-France et Centre

Le débit des grandes rivières (Seine, Yonne, Marne, Oise) est inférieur à la normale, les débits de base se situent autour des fréquences du quadriennal sec, tandis que les volumes écoulés au cours du mois correspondent à la moitié des volumes habituels (hydraulicité 0,5). Le débit des autres cours d’eau est beaucoup plus variable, on distingue 3 situations différentes :
- des rivières au débit de base humide et à l'hydraulicité excédentaire : l'Essonne et l'Eure
à Charpont, directement influencés par la nappe de Beauce, le Lunain, les affluents de l'Oise (Sausseron et Ysieux),
- des rivières au débit de base à tendance sèche et à l'hydraulicité très faible : affluents rive droite de la Seine en amont de Paris (le rû d'Ancoeur, le Réveillon, l'Yerres amont)
- les autres rivières au débit de base compris entre le biennal et le quadriennal sec, et à l'hydraulicité un peu inférieur à la normale (de 0,9 à 0,6).

Trois mois consécutifs de sécheresse sur le bassin fragilisent la situation hydrologique. La recharge des nappes bien commencée à l'automne, a été stoppée très tôt en saison. Le débit des rivières baisse rapidement en mars et avril.
La Bourgogne à nouveau se met à craindre un étiage sévère, la Champagne-Ardenne s'inquiète et le Cotentin n'est pas à l'abri de problèmes si toutefois les mois prochains venaient à être particulièrement secs. Toutefois la situation est loin d'être alarmante, elle mérite cependant notre attention notamment pendant les deux mois à venir.

Débits des cours d'eau de mai 2002 à avril 2003


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